Sur une pelouse rendue grasse par les pluies intermittentes, le match commença comme on le prévoyait. Bastia attaqua avec hargne et précision, Zurich répondit avec de longs renvois vers Sulser ou Elsener. Après deux tirs très dangereux de Lacuesta (3e et 8e), les Grasshoppers semblèrent évoluer avec beaucoup plus d’assurance. Sans dégarnir leur milieu de terrain, ils tentèrent à leur tour de déferler vers Hiard. Leurs deux attaquants, soutenu parfois par Bosco, étaient cependant trop isolés pour être réellement menaçant. A un moment ou à un autre, ils étaient toujours rattrapés.
La domination bastiaise, trop axé sur le centre, provoquait des cafouillages et, par leur masse athlétique, les défenseurs arrivaient toujours à imposer leur loi. Et puis, derrière eux, il y avait encore Berbig. Très sûr, le gardien suisse intervient notamment très brillamment devant Krimau à la 24e minute.
Face à une formation aussi solide, Bastia ne devait donc pas relâcher son effort. Une faute d’inattention le démontre à la 27e minute. Délaissé par Papi, le demi Hermann, toujours aussi actif, s’approcha des dix-huit mètres pour accélérer brusquement à leur entrée. Il fut alors bousculé, privé du ballon, mais Hiard était sorti à sa rencontre. Comme la récupération fut suisse, cela se termina par un tir que Hiard, revenu à toute allure, capta au vol, si l’on ose dire. Malgré des montées d’Orlanducci et de Buckhard, les dribbles de Papi, une envolée de Mariot (38e) sur une erreur de Ponté, la stricte organisation zurichoise n’avait pas cédé au repos.
Les Grasshoppers avaient extériorisé beaucoup de sang-froid et ne parurent nullement gênés par les cris hostiles de la foule. Et plus le temps passait, plus ils prenaient de l’allant. Ils pouvaient par exemple fort bien marquer au 44e ou 45e par Bosco ou Hermann.
Bastia ne corrigea pas ses défauts au début de la seconde période. Il continua de porter la balle, d’exagérer les fioritures par Mariot surtout. A chaque accélération dans les échanges, les Suisses fournissaient pourtant l’impression d’être au bord de la panique.
La rencontre ne parvenait pas à avoir la tenue des précédentes. La nature du sol freinait, il est vrai, les actions. Les rares offensives de Zurich finissait par inquiéter. A la 64e, Sulser et Hermann rendaient Hiard soucieux. L’à-peu-près de Bastia décevait.
Mais soudain, un éclair jaillit dans la grisaille à la 67e minute. Sur un coup-franc renvoyé de la tête par Montandon, Papi, pour une fois, n’hésitait pas. Son tir croisé des 20 mètres trompait Berbig et les Corses retrouvaient toutes leurs voix (1-0).
Cet exploit modifia la physionomie du débat. Les Suisses abandonnèrent leur attitude, changèrent de rythme et harcelèrent leurs adversaires. Ils se battirent comme de beaux diables. En vain. Il est difficile de se reconvertir en plein match et à la 80e minute par Papi, Bastia eut l’occasion de donner de la dimension à son succès. Cela n’eut pas été très juste.
Durant cette phase très intense, Bastia sut contre balancer intelligemment les Grasshoppers qui n’eurent qu’une balle d’égalisation à la 86e minute. Sur un centre de Sulser, Montandon dévia de la tête et Hiard arrêta de justesse. Mais si les Suisses avaient inscrit ce but, cela non plus n’eut pas été juste.
Bastia, en conséquence, a conservé sa victoire. Il n’eut peut-être pas le panache que l’on espérait mais il a acquis l’essentiel : une place en finale.