Le verdict du procés de la catastrophe
de Furiani

Le réquisitoire :
Deux ans contre le constructeur et le contrôleur.
dix huit mois contre les dirigeants corses de football.
aucune peine contre le préfet ! ?.

Le réquisitoire du procureur de la république a fait monter d'un cran la colère des victimes. D'abord surprises, elles s'écrient écoeurées :
"La justice se fout de nous !".

Plus tard, à la reprise de l'audience, le président prévient que le tribunal n'acceptera pas que la liberté de parole de la défense soit entravée.
La première plaidoirie commence à peine que le silence est bientôt troublé par de légers claquements de talons qui s'amplifient. Le président décide de faire évacuer la salle. Le collectif des victimes lance un appel au boycott des débats :
"Pour nous, le procès est terminé". Le public s'est longtemps tu depuis le début du procès. Mais il contenait une telle charge émotionnelle qu'il ne pouvait qu'exploser avant la fin.
Le procès s'est poursuivi dans un prétoire, désormais, déserté par les victimes. Le jugement est mis en délibéré et sera rendu le 31 mars.

 

Le jugement

la colère

Sont condamnés :
J. M. Boimond et M. Lorenzi, deux ans d'emprisonnement et 30 000 francs d'amendes
E. Galéazzi et A. Paolacci, dix huit mois d'emprisonnement et 30 000 francs d'amendes
Y. Bartolini, un an d'emprisonnement et 30 000 francs d'amendes
B. Rossi, dix huit mois d'emprisonnement et 30 000 francs d'amendes
L. Pilard et M. Cagnion, dix huit mois de prison avec sursis

Sont relaxés :
H. Hurand, R. Le Deun et D. Cauville


"Assassins !" "C'est une honte !" "Vous avez intérêt à les protéger !".
Crient deux femmes vêtues de deuil dans le prétoire, alors que vient de tomber le jugement de la catastrophe de Furiani.

Les victimes restent là sonnées, criant leur désarroi, les unes dans les bras des autres :
"Scandaleux que l'État soit mis hors de cause, un préfet doit assurer la sécurité de son département".

Les victimes et les familles des victimes avaient mis un point d'honneur à faire entrer le préfet dans le box des accusés, le tribunal l'a relaxé. De là, est montée spontanément la colère des principales victimes.

Vanina Gudicelli, qui mène le combat avec ardeur à la tête du collectif des victimes, a le regard perdu et finit par lâcher :
"C'est une insulte aux familles, aux victimes et au peuple marqué dans sa chair. Les peines étaient si minimales qu'on pouvait les espérer maximales pour tous les prévenus. Un tel jugement n'aurait pas effacé les dégâts psychologiques ou moraux du drame, mais il aurait peut-être réconcilié le citoyen avec la justice.

Ce jugement est une déchirure.

La ligue corse de football n'admet pas de voir ses trois délégués condamnés :
"Il fallait nous condamner pour mieux innocenter les représentants de l'état" . "Bref, il fallait que la Corse endeuillée soit la seule responsable de son deuil".

A son appel, tous les matchs amateurs du week-end suivant sont annulés !