
Pour Michéle
Pour Francis
A Santa di u Niolo
L'Occhju
tragulinu
Linguizzetta
Le p'tit dico
A cucina

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T'arricordi
di u tragulinu ?

V'arricurdate ? c'était
au temps où u marcellu n'avait pas
de boutique au village. Ceux qui voulaient
acheter un cabri ou un agneau allait directement
dans les bergeries. Mais si un berger avait
une chèvre hors d'usage, accidentée
ou trop vieille, il la tuait, la débiter,
puis il faisait le tour du village en disant
:" quantu ne vulite?", s'il en
restait, il continuait sa tournée
dans les villages voisins.
Et a
lattaghja passait de maison en maison, u
tinellu à une oreille, ou u stagnaro
posé sur la tête, sans oublier
l'inévitable u capagnulu. Elle s'annonçait
en criant " a u latte ! a u latte!
un soldu a misura !"
L'arrultinu,
circulait en disant " chi ne vole arrutà
? cinque soldi ci vole à pagà
! "
Et puis,
il y avait i bancarottieri, qui portaient
une caissette sur le dos dans laquelle il
y avait des articles de mercerie "Aio
! straglieri, cinque per un soldu ! achi,
fili, ditali, rampile, acaroli ! "
u bancarottu
était toujours un Italien qui venait
en Corse faire fortune. Il déposait
sur un perron ou sur un banc sa boîte
rectangulaire, remplie de trésors
et recouverte d'une toile. Tout le monde
accourait, surtout des femmes, des enfants,
des jeunes gens... Il y avait tant de choses
dans cette boîte ! Du fil, des aiguilles,
des rubans, des miroirs, des couteaux de
poche, du coton à tricoter, des étoffes,
que sais-je encore ! ... un vrai petit bazar
! On regardait, on touchait, on achetait
quand on le pouvait. Celui qui avait acheté
un couteau l'essayait tout de suite sur
un morceau de bois; celui qui avait acheté
une guimbarde se mettait à faire
de la musique et tous les autres enfants
l'entouraient et souvent se mettaient à
danser.
U bancarottu acceptait
parfois en paiement quelques œufs,
du vin pour remplir sa gourde, des haricots
secs qu'il revendrait en ville, des peaux
de cabri et d'agneau...
I bancarotti ont disparu.
Les marchands ambulants d'aujourd'hui ont
tous de grandes autos couvertes et fermées,
ils sont nombreux et ont chacun leur spécialité...
Les temps ont bien changé... ‘’
C'était
au temps di i tragulini !
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