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T'arricordi di u tragulinu ?

u tragulinu

 

V'arricurdate ? c'était au temps où u marcellu n'avait pas de boutique au village. Ceux qui voulaient acheter un cabri ou un agneau allait directement dans les bergeries. Mais si un berger avait une chèvre hors d'usage, accidentée ou trop vieille, il la tuait, la débiter, puis il faisait le tour du village en disant :" quantu ne vulite?", s'il en restait, il continuait sa tournée dans les villages voisins.

Et a lattaghja passait de maison en maison, u tinellu à une oreille, ou u stagnaro posé sur la tête, sans oublier l'inévitable u capagnulu. Elle s'annonçait en criant " a u latte ! a u latte! un soldu a misura !"

L'arrultinu, circulait en disant " chi ne vole arrutà ? cinque soldi ci vole à pagà ! "

Et puis, il y avait i bancarottieri, qui portaient une caissette sur le dos dans laquelle il y avait des articles de mercerie "Aio ! straglieri, cinque per un soldu ! achi, fili, ditali, rampile, acaroli ! "

u bancarottu était toujours un Italien qui venait en Corse faire fortune. Il déposait sur un perron ou sur un banc sa boîte rectangulaire, remplie de trésors et recouverte d'une toile. Tout le monde accourait, surtout des femmes, des enfants, des jeunes gens... Il y avait tant de choses dans cette boîte ! Du fil, des aiguilles, des rubans, des miroirs, des couteaux de poche, du coton à tricoter, des étoffes, que sais-je encore ! ... un vrai petit bazar ! On regardait, on touchait, on achetait quand on le pouvait. Celui qui avait acheté un couteau l'essayait tout de suite sur un morceau de bois; celui qui avait acheté une guimbarde se mettait à faire de la musique et tous les autres enfants l'entouraient et souvent se mettaient à danser.

U bancarottu acceptait parfois en paiement quelques œufs, du vin pour remplir sa gourde, des haricots secs qu'il revendrait en ville, des peaux de cabri et d'agneau...

I bancarotti ont disparu. Les marchands ambulants d'aujourd'hui ont tous de grandes autos couvertes et fermées, ils sont nombreux et ont chacun leur spécialité... Les temps ont bien changé... ‘’

C'était au temps di i tragulini !