Témoignage de Manca : la mort de Danielle Casanova

Soudain au passage d'un camion, un cri perça l'air: « Danielle! » Ce n'était pas un appel, ni une supplication. C'était la dernière poignée de main d'une compagne qui tombait. Le dernier salut à la France libre, le dernier message de foi: « Danielle, je tombe, mais continuez, n'oubliez jamais! ».

« Danielle était à côté de moi. Rien ne changea dans son visage. Seul, autour de sa bouche, se dessina un trait dur que je ne connaissais pas. Mais ses yeux, ses yeux dans lesquels luisait et chauffait le soleil de France, étaient partis avec nos camarades. Et puis, quand la nuit rouge et sanglante se fut allumée, quand les flammes eurent lancé vers le ciel leur affreuse lueur, les yeux de Danielle revinrent après un long détour. Ils avaient vécu toutes les souffrances et souffert les milliers de morts. Ils reverraient plus durs, plus graves, et résolus. De nouveau, ils accompagnèrent quotidiennement celles d'entre nous qui survivaient.»