Saint patron de la Corse
San Teofilu di Corti.

On célèbre le 19 mai la fête de saint Théophile de Corte, corse de naissance, et déclaré patron de la Corse.
Sa vie commence le 30 octobre 1676 à Corte. Sa mère, Marie-Madeleine Arrighi, et son père, Jean-Antoine de Signori, décidèrent de lui donner le prénom de Blaise. Ils mirent dès lors tous leurs espoirs dans ce fils unique, seul capable de leur assurer une descendance.
Mais Blaise allait suivre un tout autre destin, et contre la volonté paternelle, il partit se présenter à l'âge de dix-huit ans au couvent des Capucins de Corte. Peu de temps après, il passa chez les Franciscains dont le couvent était lié à sa famille.
Très vite, il reçut l'habit, et le nom de frère Théophile, puis il prononça ses vœux perpétuels et quitta la Corse.
Arrivé en Italie, san Teofilu fit ses études de philosophie et de théologie ; d'abord à Rome, puis à Naple.
Il rentra ensuite au couvent de récollection appele Ritiro de Civitella (actuellement Bellegra), avant de rejoindre celui de Palombara.
C'est en 1730 que san Teofilu revint en Corse, dans le but de fonder un ritiru à Farinole. Selon certains hagiographes, il en fut empêché par toutes sortes de difficultés; selon d'autres, il dut y renoncer en raison de l'hostilité qu'il rencontra auprès des habitants. Le même cas se reproduisit à Campoloro, Nonza et Caccia.
Il finit par réaliser son projet près de sa ville natale, entre Zuani et Ampriani. Les problèmes n'épargnèrent pas le saint dans la poursuite de son œuvre pieuse.
Certains religieux, hostiles à son entreprise, tentèrent de soulever le peuple. Mais avec persévérance, il parvint à ses fins et réussit à imposer sa pratique de la pauvreté.
On dit que san Teofilu avait le don de prévoir la mort ou le rétablissement des malades qu'il visitait quotidiennement. Malgré son asthme et une douloureuse hernie, san Teofilu ne ménageait jamais sa peine : pour accomplir ses visites, et cela par tous les temps.
Rappelé en Italie en 1734, san Teofilu fut nommé supérieur du couvent de Fucecchio. Il fit alors de nombreux miracles, parmi lesquels celui de transformer les boutons du vêtement d'un mendiant en or (hè), ou encore de rendre la vue aux aveugles et de sauver la vie de plusieurs femmes en couches.
Il mourut le 19 mars 1740 en odeur de sainteté. Son corps garda toute sa souplesse, et son sang resta fluide. Après sa mort, les miracles se multiplièrent sur son tombeau; un paraplégique fut guéri en 1860, une fillette se releva d'une coxalgie au fémur en 1877, etc. De tels bienfaits ne pouvaient rester sans réponse de la part des autorités ecclésiastiques : d'abord béatifié en 1895, il fut canonisé en 1930.
San Teofilu devint ainsi le patron de la Corse.
