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Sainte restitude


Sainte Restitude

Aux portes de calenzana se dresse une église consacrée à sainte restitute, vierge décapitée à calvi en 303, et dont le sarcophage en marbre de carrare a été retrouvé en 1951 derrière l'autel de l'église.


Le sarcophage de Sainte restitude


Sainte-Restitude fait l'objet d'un culte très fervent.
En effet, cette sainte martyre a été à l'origine d'un miracle :
Une épidémie de peste s'était abattue sur le village et les habitants demandèrent la protection de la Vierge Marie.
Une procession fut organisée entre la chapelle de Sainte-Restitude et de Saint-Blaise et l'épidémie de peste cessa.
La confrérie du Rosaire décida de la vénérer chaque année le 5 août.


Santa Ristituta


L'église corse célèbre le 21 mai, la fête d'une sainte très populaire dans l'île : Santa Ristituta di Calinzana (Sainte Restitute de Calenzana). La vie de Santa Ristituta est assez obscure : certains hagiographes situent son martyre en l'an 225, les autres, en 303. Née en Corse, Sainte Restitute était la petite-fille d'un ex-centurion de la flotte prétorienne de Ravenne, nommé Caïus Caninus Germanus, qui vint s'établir à Lurinum, en Balagne. Il commandait là une cohorte recrutée dans la région d'Ulmia après avoir obtenu une concession territoriale. Ristituta naquit donc dans une famille païenne et se convertit au christianisme lorsqu'elle fut jeune fille. Très vite, elle fut dénoncée à Pyrrhus, le préfet de Corse et de Sardaigne.

La cruauté de ce chrétien apostat fut sans limite pour tenter de faire renoncer la jeune fille à sa foi. D'abord battue avec des nerfs de bœuf, puis lapidée, Ristituta fut jetée dans un brasier mais ne brûla pas. Elle survécut encore miraculeusement à toute une succession de supplices : sa chair fut d'abord labourée avec des peignes de fer ; du lait et non du sang suinta de ses plaies, prodige qui provoqua la conversion d'un certain nombre de soldats. On voulut ensuite la noyer en mer, mais elle fut sauvée par un morceau de liège qui la ramena vivante sur le rivage, tandis que ceux qui cherchèrent à l'immerger périrent noyés. Confrontée de nouveau au préfet, Santa Ristituta le traita de renégat. Ses bourreaux eurent finalement raison de sa vie en lui tranchant la tête ; cela se passait à Calvi, un 21 mai. Elle mourut en même temps que cinq autres martyrs : Parthée, Parthénopée, Pargoire, Domnisius et Veranus. D'après la légende, les six martyrs se relevèrent, ramassèrent chacun leur tête et parcoururent ainsi environ quatre kilomètres pour aller la déposer en un lieu appelé Mara (proche de Sainte-Catherine). Dans la nuit qui suivit, des Chrétiens vinrent ramasser leurs corps pour les ensevelir à Ulmia, au lieu-dit Loru. Là, on y bâtit un petit mausolée, et plus tard, une église.


Eglise de Calenzana

L'histoire des reliques de Santa Ristituta fut pour le moins extravagante, et les Calzaninchi (habitants de Calenzana) ont bien mérité de les conserver après s'être battus pendant des siècles pour les récupérer et les protéger. Après la conversion de Constantin au IVéme siècle, selon les uns, mais au VIéme siècle selon les autres, les reliques des six martyrs furent placées dans un sarcophage. La tradition locale donne ensuite différentes versions détaillant les translations de ces reliques au cours des nombreuses invasions qui se succédèrent dans le pays. Quoi qu'il en fût , les reliques égarées furent un beau jour retrouvées sur la plage de Calvi.

Plusieurs villages voisins de Calinzana revendiquèrent la possession des saintes reliques, mais Santa Ristituta fut fidèle aux Calzaninchi. On raconte que lorsqu'on décida de lui construire une chapelle (fin Xiéme, début XIIéme), les habitants de Montemaggiore voulurent absolument que cela fût fait au lieu-dit a Piobba. Mais chaque nuit, les pierres qui y étaient apportées pour la bâtir étaient mystérieusement transportées à l'emplacement actuel de la chapelle, u Loru, où la sainte et ses compagnons avaient été ensevelis. On surveilla de nuit et l'on s'aperçut que deux grands bœufs blancs tiraient miraculeusement un chariot contenant les pierres de la future chapelle, et s'acheminaient en direction d'u Loru. Une autre version de la légende raconte que ce fut le sarcophage même que les bœufs transportèrent jusqu'à u Loru ; là, ils s'arrêtèrent net, comme pour indiquer que c'était bien l'endroit où la sainte voulait demeurer. La chapelle fut donc bâtie en ce lieu et dès lors, les Calzaninchi n'eurent de cesse de protéger les reliques convoitées de Santa Ristituta.

Au XIIéme siècle, on désigna un gardien pour veiller sur les saintes reliques. Au XVIéme siècle, on entoura le tombeau d'une grille de bois, et plus tard encore, d'une grille en fer forgé. Dès le XIIéme siècle, de nombreux miracles eurent lieu sur la tombe de la sainte ; les ex-voto attestaient l'efficacité des interventions miraculeuses de Santa Ristituta. A l'époque de la réforme grégorienne, les Calzaninchi voulurent se faire enterrer près de leur sainte protectrice et ainsi apparut le Campu di Santa Ristituta. L'identification des reliques étant après tout incertaine puisqu'elles avaient longtemps disparu, un évêque incrédule du XVIéme siècle voulut s'assurer que celles de Santa Ristituta s'y trouvaient bien. Il aurait brisé un coin du sarcophage pour y glisser la main. Mais, oh ! horreur, lorsqu'il la retira, sa main était toute desséchée… Main ou bras desséché suivant le chroniqueur, on s'accorde à dire que l'évêque ne recouvra l'usage de son membre qu'après avoir fait vœu de protéger le cercueil de la grille qui l'entoure.

Le sarcophage fut finalement ouvert en 1951 ; on y retrouva les restes de six personnes, ce qui tend à confirmer la présence de Santa Ristituta qui avait été mise en doute par Tronci, dans ses annales de Pise : selon lui, le corps de la sainte avait été emporté par la flotte pisane et mis à l'abri dans l'église primatiale de Pise. Mais cette thèse est fort peu accréditée. Santa Ristituta fut nommée seconde patronne du diocèse de Sagone en 1729.

Fête réservée chaque année par les Calzaninchi à leur sainte patronne


A Calenzana, procession sainte restitude

Les Calzaninchi honorent leur sainte patronne deux fois par an : le lundi de Pâques, ils portent Sainte Restitute en procession jusqu'à Saint-Blaise, par la route départementale. Au mois de mai, le dimanche le plus proche du 21, les Calzaninchi fêtent Santa Ristituta en grande pompe. Après l'office du matin, ils sortent la sainte de son église Sainte-Restitute du Loru, font le tour du village en procession et la ramènent enfin chez elle. Et puis il y a une grande animation au moment du retour des brebis et des chèvres au compulu (parc) ou à la mandria (bergerie) ; en effet, ce jour-là, les bergers distribuent gratuitement le lait en l'honneur de la sainte patronne. Le public vient à leur rencontre avec des récipients décorés pour l'occasion, et assiste joyeusement à la traite du troupeau.
Pour finir, rappelons que Santa Ristituta vint en aide aux patriotes de Calinzana (Calenzana) pour repousser les ennemis génois. C'était en janvier 1732 : Camille Doria et ses 8000 hommes vinrent surprendre Ceccaldi qui campait avec 1500 patriotes à Calinzana. Le choc de la bataille fut effroyable. Les Calzaninchi apportèrent leur concours aux troupes de Ceccaldi avec les moyens du bord. Ils jetèrent de l'huile bouillante des toits, lancèrent des ruches sur les assaillants et, pour rompre leurs rangs, lâchèrent dans les rues des taureaux couverts de poix enflammée. Enfin, dit-on, Santa Ristituta y mis du sien : on la vit " exterminer de sa propre main plusieurs mercenaires génois ". Les patriotes, les Calzaninchi et Santa Ristituta réussirent l'exploit de repousser tous ensemble l'énorme armée des Génois;