Guidé
par des considérations
stratégiques, Rome s'intéresse
à la Corse. Elle ne peut
en effet laisser tomber
cette île qui lui fait
face aux mains des Carthagénois.
En 259 av JC, Rome conquiert
la Corse et l'occupent
pendant sept siècles.
Le consul Marius fonde
en 93 av JC la cité de
Mariana au sud de la ville
actuelle de Bastia. En
moins de 300 ans, la population
de l'île tripla pour arriver
à 100 000 personnes vers
300 ans ap JC.
Les régions les plus peuplées
sont celle autour d'Aléria
et Mariana.
Si
les hautes régions montagneuses
se dépeuplent, les villages
côtiers deviennent des
petits bourgs comme la
côte orientale du Cap
Corse, toute la Balagne,
Sagone ou Ajaccio.
Economiquement,
la Corse vit en autarcie.
Le régime agricole est
celui des grandes propriétés
où l'on cultive le blé,
la vigne et l'olivier.
De
grands troupeaux d'ovins
et de bovins assurent
l'approvisionnement en
viande avec les produits
de la mer.
Les
forêts corses, riches
en essences diverses,
servent pour la construction
des bâtiments et des navires
et pour l'ébénisterie.
Le
liège corse est utilisé
pour les bouchons d'amphores.
Le
christianisme apparaît
très tôt en Corse dès
la fin du IIe siècle avec
ses martyrs telle sainte
Dévote, jeune fille d'Aléria,
chrétienne depuis l'enfance,
qui deviendra patronne
de la Corse en 1920, fouettée
à mort en 202.
Mais au IVe siècle, la
décadence de Rome fait
que la Corse est livrée,
sans défense, aux pirates.
Peu à peu, l'île se dépeuple.
Les Vandales occupent
la Corse puis les Byzantins,
ensuite les Ostrogoths
et de nouveau les Byzantins
pendant deux siècles.
Les invasions barbares
ruinent les réseaux d'échanges
par terre et par mer.
C'est la décadence des
exploitations agricoles
et industriels.
Les
populations côtières fuient
vers l'intérieur des terres
afin d'échapper aux invasions.
La désertification de
la Corse intérieure qui
perd son économie fondée
sur l'élevage, la cueillette
et la chasse, la ruine
des grands centres côtiers
annoncent une longue période
de misère.