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Rubrique I Muvrini

Ghjuliu

Discographie

A prima volta

Curagiu

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Livre d'or

Mieux qu 'une fée, c'est un poète qui s'est penché sur le berceau d'alain et de Jean Francois bernardini. Ce poète, c'est Ghjuliu, leur père.

Ghjuliu Bernardini, est menuisier à Tagliu Issulacciu, mais c'est aussi un poête, et un chanteur d'exception de paghjelle.

N'est pas chanteur de paghjelle qui veut, il faut pour cela non seulement maitriser le chant mais aussi la langue, les rimes, les vers et l'improvisation. La dépendance est totale entre les mots et le chant. Avec ghjuliu, chaque chant est un moment unique, à chaque fois surprenant, à chaque fois différent, à chaque fois émouvant.

Nous sommes à l'époque de "marinella", "in casa mè", et nos chants traditionnels sont perçus comme étant sauvages et comparés aux chants du sahara ; la chanson corse pour le grand public, est synonyme de romance Toscane ou Napolitaine.

Ghjuliu n'est pas influencé par cette mode des centres urbains, il apprend à ses enfants ce qu'il a appris de son père : les véritables polyphonies corses.

Il est d'usage d'attendre la mue, c'est à dire la période de l'adolescence pour intégrer un groupe de paghjelle, et pourtant, Ghjuliu enrôle ses fils dans le combat pour les polyphonies, et dès l'âge de 10 ans Alain et Jean François se produisent à la foire di u niolu et à celle de la Restonica.

Alanu et Ghjuvan Francescu, chantent leurs premières paghjelle avec leur père en 1970. puis toujours encouragés par leur père, ils collaborent avec le groupe Canta U Populu Corsu.

Arrive sur la scène insulaire le Fronte Paesasu Corsu di Liberazione (F.P.C.L.) José Stromboni, un audioprothésiste bastiais de 36 ans, militant connu et déjà interpellé une première fois en 1970 est déféré devant la Cour de Sûreté de l’Etat. Stromboni sera tenu comme le chef du FPCL. Parallèlement Le Conseil des ministres annonce qu’il ordonne la dissolution du FPCL.
En 1974 Ghjuliu compose letter'a à fratellu, dédié à stromboni.

letter'a à fratellu qui fut enregistré dans la maison familiale, connait un immense succés. A cette époque, il n'y avait pas encore les radio libres. La diffusion s'est faite sur Radio France, au décrochage régional, Aimé Piétri le presentateur de l'émission de l'époque fit un commentaire émouvant. Cette chanson donna le signal d'un renouveau de la véritable chanson corse.

Ghjuliu décéde brutalement en 1977, il laisse en héritage à ses enfants tout son amour pour la poésie et pour les polyphonies.

En 1978, les deux frères reprennent le flambeau de leur père: Jean-François et Alain créent I Muvrini et marchent sur la longue route de ceux qui "ont quelque chose non seulement à chanter, mais aussi à dire et des chemins à montrer "... En chantant la terre corse, ils chantent toutes les terres du monde, conscients que la plus belle oeuvre d'un peuple, est sa langue, ils se donnent le devoir non seulement de la vivre, mais aussi de la faire vivre... Ils chantent le Monde, les Hommes, la fraternité, l’amour et la dignité.

Leur premier album,: ringrazianu est un hommage à leur père trop tot disparu, qui autour d'un établi de menuisier leur a enseignè ce chant d'amour..

Rien n'est acquis d'avance et le chemin sera laborieux ! vexations, interdition de concerts même en corse.... rien n'y fait, les deux frères continuent le combat pour que survivent les polyphonies. Leurs armes seront, l'obstination, la perseverance, le travail et la fidèlité.