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La Corse génoise

Désireux de s'opposer à l'influence génoise en Corse, le Pape investit le roi d'Aragon du royaume de tour génoiseSardaigne et de Corse en 1297.
L'Aragon : région du nord est de l'Espagne. L'Aragon qui fait la conquête de la Sardaigne dès 1326 n'intervient pas dans les affaires de la Corse avant 1346 et laisse les génois s'implanter. En fait, L'aragon posséde la Corse officiellement, mais ce sont les gênois qui gérent et bénéficient de tout ce qui est commerce.

Gênes est une république au sein de laquelle règne la plus grande anarchie. Cette société capitaliste à outrance est le siège de rivalités sans fin entre les grandes familles.
Comme 'à Gênes, en Corse, les grandes familles sont divisées en partis pisans, en partis génois ou en partis aragonais et se combattent les unes les autres.

pont genois
En 1347, le nouveau gouvernement populaire génois décide d'intervenir en Corse en créant une "Caisse pour l'acquisition de la Corse". En 1348, la grande peste qui décime les deux tiers de la population fait échouer cette opération ainsi qu'une tentative de débarquement des Aragonais.
Vers 1350, la Corse est toujours misérable.

En 1358, une révolte populaire éclate qui a comme conséquence la promulgation par Gênes d'un statut de la Corse.

L'île est divisée en deux régions, l'En-deçà-des-monts et l'Au-delà des monts, placées sous l'autorité d'un gouverneur génois assisté d'un conseil dont les membres sont insulaires.
Chacune des deux régions est divisée en pièvi administré par une assemblée, l'aringhu. Il institue, aussi, un impôt unique par foyer.

 

Par traité du 27 août 1378, Gênes confie la gestion et le gouvernement de la Corse à une société commerciale privée : la Maona.
En 1383 est crée la première ville corse, Bastia qui doit son nom de "bastille". (Bonifacio et Calvi ne sont que des présides).
De 1404 à 1434, Aragon, implanté en Sardaigne, convoite la Corse mais échoue à Bonifacio.

En 1453, la Corse est cédée à l'Office de Saint-Georges qui l'administre jusqu'en 1562. Cette compagnie réussit à établir la paix civile en écrasant les féodaux. Elle édifie des villes fortifiées (Ajaccio en 1492 et Porto Vecchio en 1539). Elle dote la Corse d'une organisation administrative, juridique et économique stable.
Le peuple corse accueille de nouveaux immigrants et la population est estimée à 120 000 personnes en 1524.
L'Office de Saint-Georges met la Corse sur la voie du développement économique en favorisant l'agriculture et le commerce.
La France, en guerre contre les Hasbourg de Charles Quint considèrent la Corse comme une île d'un intérêt stratégique à cheval entre l'Espagne et l'Italie. En 1553, ils envahissent la Corse avec l'aide de mercenaires corses menés par Sampierro Corso, originaire de Bastelica.
Bataille maritime entre les français et les génois L'île entière est soumise à l'exception de Calvi puis de Bastia jusqu'au traité du Cateau-Cambresis entre les Hasbourg et les Français qui restitue la Corse à Gênes en 1559.
En 1564, Sampierro Corso, hostile à cette rétrocession et violemment anti-génois, entretient des soulèvements jusqu'à son assassinat en 1567.

Sampierro Corso Gênes reprend l'administration de la Corse à l'Office de Saint-Georges en 1562 et la dote de "Statuts civils et criminels" et d'institutions en 1572.
Le peuple corse va, alors, pendant 150 ans, connaître une période d'ordre et de prospérité à l'écart des drames européens et des épidémies appelée "la paix génoise".
Les Génois encouragent l'agriculture (châtaignier dans le Castagniccia et olivier en Balagne) et favorisent ainsi l'essor d'une notabilité rurale tandis que la noblesse féodale achève de dépérir. En même temps, la bourgeoisie marchande s'affirme dans les villes. La population se stabilise (120 000 personnes) même si les villes de Bastia et d'Ajaccio se développent car l'émigration corse devient importante, en particulier, vers Marseille et l'Italie.
L'église connaît un renouveau avec la construction d'église baroque et l'enracinement du clergé. Mais l'essorvendetta de l'agriculture au dépend de l'élevage appauvrit les bergers. De plus, le régime suscite un grand ressentiment en raison de son caractère tyrranique, des contrôles commerciaux colonialistes et de la cupidité et de la corruption des fonctionnaires.
En raison de l'éloignement de la justice génoise et des défaillances de son application, la vendetta fait son apparition et devient la principale cause de mortalité. En Corse, les vendetta seront plus durables, et donc plus meurtrières que dans d'autres pays, précisement parce qu'on ne pouvait pas mettre fin aux hostilités par le simple paiement d'une amende. La vendetta peut durer jusqu'à la 7ème génération.