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Sommaire de la rubrique Danielle Casanova

 

Vincentella Perini

Danielle casanova

l'arrestation de Danielle Casanova

La santè puis à Romainvile

Auschwitz

Pour ne pas t'oublier

sources

livre d'or

 

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Retrouvez les 230 femmes du convoi du 24 JANVIER 1943

 

De Vincentella à Danielle

 

 

En 1928, Vincentella adhéra aux Jeunesses communistes, dirigées alors par Victor Michaut . Vincentella est secrétaire du groupe de la faculté de Médecine, elle milite dans le Ve et le XIIIe arrondissements de Paris et accède aux fonctions de secrétaire du 4e rayon des Jeunesses communistes.

C'est à partir de cette époque qu'elle se fait appeler Danielle.

Son adhésion au Mouvement de la Jeunesse communiste, en 1928, va la mettre en contact avec la classe ouvrière. Son horizon s'élargissait. Elle poursuivait ses études de chirurgie dentaire, toujours avec assiduité.

Le courant « ouvriériste » qui domine encore est battu en brèche dès la fin de 1930 alors que Maurice Thorez est devenu secrétaire général du PC en juillet de la même année.

Danielle casanova dans son cabinet dentaire

1933 avait vu l'arrivée au pouvoir de Hitler en Allemagne

En février 1934, les ligues fascistes avaient tenté de renverser la République en France.

En février 1934, au congrès d'Ivry des Jeunesses communistes, Danielle Casanova avait été élue membre d'une nouvelle direction du Mouvement comprenant aux côtés de Raymond Guyot, secrétaire général, Victor Michaut, Maurice Choury (qui devint rédacteur en chef de l'Avant-Garde), Georges Ternet (de son vrai nom Liebher), Léonce Grandjean et Raymond Latarget. Dès le mois d'octobre, le nombre d'adhérents de la Jeunesse Communiste passe de 4 198 à plus de
15 000. En décembre 1935, ils atteignent 30 000.
L'idée de donner aux jeunes filles une organisation vraiment à elles n'avait pas surgi par hasard au Congrès de Marseille. Danielle Casanova en avait discuté avec Maurice Thorez et Raymond Guyot vers la fin de 1935. Dès décembre, quarante-deux foyers de filles adhérentes à la Jeunesse communiste avaient' été créés (dont dix à Paris). Au début, on parlera de l'Union des jeunes filles communistes Du 31 août au 7 septembre 1936, s'était tenu à Genève, sous l'égide de la Société des Nations, un Congrès mondial de la jeunesse réunissant sept cents délégués de vingt-cinq pays avec des représentants de l'Internationale communiste des jeunes, de l' Association mondiale des associations chrétiennes des jeunes gens, de la Communauté mondiale de la jeunesse pour la paix, la liberté et la culture, etc. 1936 avait vu l'entrée de la nouvelle Wehrmacht en Rhénanie.
Au Congrès de Marseille, Danielle Casanova avait dit :

« Nos foyers doivent avoir, parmi leurs adhérentes et leurs dirigeantes, des jeunes filles socialistes, des jeunes filles républicaines. Elles sont nos amies les plus proches. Comme nous, elles ont foi dans le monde nouveau duquel seraient bannis à jamais l'exploitation et l'esclavage de la femme. Le même idéal de fraternité socialiste nous unit.

« Notre organisation doit être la leur dans ses formes et méthodes, elle doit correspondre au but que nous poursuivons...

« Au début, quelques-unes d'entre nous se sont demandées si ce n'était pas tourner le dos à nos principes que de vouloir organiser séparément les jeunes filles.

« Disons franchement qu'une organisation mixte ne nous permettrait pas un bien large recrutement. Les parents et les jeunes filles elles-mêmes sont en fait opposés à ces méthodes d'organisation. Par ailleurs, une organisation mixte, l'expérience est là pour nous convaincre, ne nous permettrait pas à l'heure présente, dans la société où nous vivons, de poser et de résoudre de façon convenable tous les problèmes bien particuliers qui intéressent les jeunes filles.

« Mais ce n'est pas tout. Depuis que notre organisation est constituée, nous avons découvert des militantes nouvelles et courageuses. Notre travailles intéresse, elles ont pris leurs tâches à cœur, et pour la première fois pouvons-nous dire, les jeunes filles participent nombreuses à la vie politique de la Fédération des Jeunesses communistes de France. Elles seront demain des militantes capables, s'éduquant aux meilleures sources de notre doctrine marxiste-léniniste... ".

L'arrivée des nombreuses adhérentes de juin et juillet 1936 va modifier les termes de ce débat et trancher dans le sens d'une organisation de masse . » Le 26 décembre 1936 se tient salle Adyar à Paris, le premier congrès de l'Union des jeunes filles de France, sous la présidence d'honneur de Marguerite Cachin, épouse du directeur de l'Humanité, compagnon de Guesde et de Jaurès, et la présidence effective d'Andrée Viollis, journaliste célèbre, mère de Simone Téry, qui militera elle-même à l'Union. Danielle, élue secrétaire générale, y présente le rapport général, déclarant notamment : (Mettre son travail et son intelligence au service de la communauté est notre devise. Soyons toutes les unes pour les autres des sœurs, des amies, des confidentes. (...) Nous disons à toutes nos sœurs antifascistes, à toutes les amies de la liberté et de la paix, que nous sommes prêtes à mettre nos forces au service d'un travail commun, à les fondre dans une organisation qui nous serait commune à toutes.) En mai 1936 avait paru le premier numéro de Jeunes Filles. Mai 1936, est marqué aussi par le triomphe du Front populaire. Et pour tout dire, mois d'espoir pour une jeunesse ardente qui veut de ses mains bâtir une vie heureuse.

« Jeunes filles de France sera demain l'ami de la jeune fille.

« Les parents le feront lire à leurs enfants parce qu'il est un journal honnête, d'éducation sociale et culturelle qui fera de leurs jeunes filles de vraies filles de France".

Danielle CASANOVA. ,

Jeunes Filles de France sera, sous la direction de Danielle Casanova, un très grand journal féminin. On est surpris en en feuilletant la collection par son caractère moderne et complet. Henriette Nizan, qui y collabora sous des signatures variées (Tante Prune, Cousine Mirabelle, etc.), tenait des rubriques de cuisine, de couture, de bricolage. Des modèles de lingerie, de robes, de chapeaux, des « patrons , y étaient publiés. Les arts et lettres y tenaient une place honorable. Le sort des chômeuses, des malades (la tuberculose) notamment, faisait à l'époque des ravages), des enfants malheureux était évoqué avec sérieux. Danielle avait du rôle de la femme une conception très moderne, assez inhabituelle à l’époque. C'est ainsi qu'elle déclara, par exemple, au congrès de l'UJFF, en décembre 1936 :

« Il n'est désormais plus possible à la femme de se désintéresser des problèmes politiques, économiques et sociaux que notre époque pose avec tant de force... La conquête du bonheur est pour la femme liée à son libre épanouissement dans la société, cet épanouissement est une condition nécessaire du développement du progrès social ».


Danielle casanova en 1937à Paris avec les jeunes filles de france

La politique, au sens noble du terme, n'est évidemment pas absente des préoccupations de Danielle Casanova. A la veille du Congrès de New York auquel elle va participer, elle écrit: :
« Notre Union se joindra à cette ronde de la paix qui nous unira à nos amis scandinaves et anglais, aux jeunes gens et jeunes filles de l'Autriche martyre, aux Tchécoslovaques menacés par les plans guerriers d'Hitler, à la jeunesse héroïque de Chine, à la jeunesse espagnole qui, en défendant vaillamment l'indépendance de l'Espagne républicaine, lutte pour la liberté et la paix du monde ».

En 1937, Paul vaillant couturier meurt subitement. Il a 45 ans.

La seconde guerre mondiale, en fait, avait commencé. Au moment où s'ouvre le Congrès de New York, nous sommes à un mois du pacte de Munich qui va laisser les mains libres à Hitler.

Les délégués au Congrès de New York adoptèrent à l'unanimité le Pacte de Vassar :

« Nous condamnons solennellement toute guerre d'agression contre l'indépendance politique ou l'intégrité territoriale ou administrative d'un Etat. Nous sommes d'accord pour user de notre influence sur nos gouvernements respectifs chaque fois que cela sera nécessaire, afin:

1) qu'ils aient recours à une action commune pour empêcher l'agression ou pour y mettre fin ;

2) pour assister efficacement les victimes des agressions et des violations des traités;

3) pour refuser le matériel de guerre ou l'assistance financière aux agresseurs. Nous décidons de mobiliser l'opinion mondiale pour porter secours aux victimes. »


daniele casanova depart pour new york

Retour deNew York
Danielle Casanova belle, passionnée, convaincante, avait joué tout son rôle' dans la mise au point de cette ligne politique caractérisée par une volonté affirmée de défendre la paix et la liberté dans l'union la plus large possible de toutes les forces civiques opposées à la guerre et au fascisme. Son action s'étendait désormais au plan international, ce qui explique, qu'elle ne sera pas une inconnue pour les détenus politiques de nombreux pays qu'elle allait rencontrer à Auschwitz.

En octobre 1938, elle signe avec Jeanne Vermersch, qui deviendra l'épouse de Maurice Thorez, une lettre ouverte à la directrice du "Journal de la Femme" qui vient de publier une lettre enthousiaste sur le régime hitlérien et condamne cette «apologie de la dictature de M. Hitler» .

Elle organise, avec l'Union des jeunes filles de France et son journal, l'aide aux enfants d'Espagne, appelant à collecter du lait et à parrainer les petits Madrilènes affamés sous les bombes: « Dans nos foyers, autour de nous, recherchons de nouvelles marraines. Nous sommes certaines de trouver le meilleur accueil auprès des femmes et des jeunes filles françaises. Travaillons avec ardeur pour que notre œuvre des marraines des petits de Madrid devienne encore plus importante ».

La servitude et la mort ne sont plus très éloignées pour la France. En septembre 1938, l'acceptation, à Munich, par Paris et par Londres des revendications de Hitler sur la Tchécoslovaquie a soulevé la protestation indignée du Parti communiste français qui sera seul en tant que parti à en refuser les termes. Gabriel Péri déclarera à la chambre des députés que Munich, ce n'est pas la paix mais la guerre. Les Jeunesses communistes dénoncent la trahison: « Monsieur Daladier, partez! « Vous menez la France à la catastrophe. », Danielle Casanova prend une part essentielle à l'action pour la paix. Six mois après Munich, Hitler, qui a déjà annexé le Pays des Sudètes, envahit le reste de la partie occidentale de la Tchécoslovaquie, la Bohême-Moravie, et transforme en protectorat fasciste la Slovaquie. Munich est le point de départ de la catastrophe finale. Du côté socialiste, on est inquiet, mais Léon Blum a parlé de :« lâche soulagement ».
A droite, à quelques exceptions près, l'antisoviétisme l'emporte sur le sens des intérêts de la France.
Un homme dont on reparlera plus tard, le colonel de Gaulle, écrit cependant à sa femme:
« Comme d’habitude, nous capitulons sans combat devant les insolentes exigences des Allemands et nous livrons à l’ennemi commun nos alliés les Tchèques. L'argent allemand et la monnaie italienne ont coulé à flots ces jours-ci dans toute la presse française, surtout dans celle qui est dite « nationale» (le Jour, Gringoire, le Journal, le Matin, etc.) pour persuader notre pauvre peuple qu'il fallait lâcher et le terroriser par l'image de la guerre. La série des humiliations se poursuit. Elle continuera par l'abandon des colonies, puis par celle de 1’Alsace etc. à moins qu'un sursaut d'honneur réveille la nation et mette, les traîtres à la caponnière. A la faveur de la capitulation d'aujourd'hui, nous connaîtrons un court répit, comme Mme du Barry, vieillie, suppliait sur l'échafaud révolutionnaire: « Encore un petit moment, Monsieur le bourreau ! »

Danielle Casanova et de Gaulle, chacun à sa place, se retrouveront du même côté de la barricade lorsque sonnera l'heure décisive.
Entre temps, le 6 décembre 1938, le ministre français des Affaires étrangères, Georges Bonnet, avait signé avec son homologue allemand, J. von Ribbentrop, un accord aux termes duquel les élections seront suspendues et le Parti communiste « mis à la raison ».
Dans un rapport du 31 octobre 1938, l'ambassadeur du Reich avait écrit à son ministre: « N'importe quel accord avec l'Allemagne affirmerait la position de Daladier (président du Conseil - P. D.) et de Bonnet et favoriserait leur politique de refoulement et d'exclusion des communistes » Le régime s'est déjà durci. Le gouvernement se passe du Parlement et régit par décrets-lois. Léon Jouhaux secrétaire général de la CGT avec Benoît Frachon, écrit le 1er décembre 1938 : « Les décrets-lois sont la conséquence des accords de Munich et d'une politique qui tend à détruire les libertés ouvrières. M. Daladier, avant de recevoir M. Ribbentrop, avait voulu montrer qu'il était capable d'avoir, à l'égard de la classe ouvrière, la même attitude que M. Hitler ».

Dernier printemps avant la guerre

 

 

 
 
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