La finale de la coupe de France 1981
le 13 juin 198
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A Cupa e nostra

Bastia, avec 35 points, termine 12e du championnat et n’a pas gagné un seul match à l’extérieur de toute la saison.

 Le parcours de Bastia :
A Evreux : Bastia - Caen 3-0
Bastia - Auxerre 2-1 et 1-1
Bastia - Monaco 2-0 et 1-2
Martigues - Bastia 3-0 et 0-5
Bastia - Lens 2-0 et 1-0

 

Les équipes :  


Saint Etienne :
Castaneda - Battiston, Lopez, Gardon puis Primard (à la 17e min), Janvion - Santini, Elie, Platini - Zimako, Roussey puis Paganelli (86e), Rep. Entraîneur : Herbin

Bastia :
Hiard - Cazes, Lacuesta, Orlanducci, Marchioni - Desvignes, Fiard, Henry - Marcialis, Milla, Ihily. Entraîneur : Redin

 

 

L’A.S Saint-Etienne se prépare au doublé et n’a perdu qu’une seule finale en 1960 contre Monaco sur les sept qu’elle a disputée.
Mais les Bastiais ont promis de faire tout ce qu’il est humainement possible pour conquérir cette coupe qui leur a échappé en 1972.

Poussés par leur entraîneur Redin «Ne faites aucun complexe. Soyez vous-mêmes. Répétez-vous que notre équipe est actuellement capable de jouer le match qui convient pour remporter cette finale».

François Mitterand, qui vient d’être élu président de la République, assiste à sa première finale.

Il fait chaud dans le Parc des Princes, les supporters verts et bleus donnent une couleur vive à l’évènement.

Le premier tournant de cette finale est la blessure de Gardon qui va désorganiser la défense stéphanoise dès la 17e minute. L’équipe corse prend la finale à son compte, manifestant une fraîcheur physique supérieure à son adversaire, elle joue de mieux en mieux et se traduit par des gestes techniques brillants et des actions poussées à leur terme.

A la 29e minute, une action Milla-Henry permet au premier de centrer devant la cage stéphanoise, Marcialis arrivant trop tard.
Une minute plus tard, une frappe de Cazes, sollicité par Lacuesta, percute le poteau de Castaneda.

Bastia concrétise sa domination en début de deuxième mi-temps. Parti de l’aile droite, Marcialis rentre en dribble dans la défense stéphanoise et, lorsque Castaneda sort, déclenche un tir surprenant de soudaineté et de fulgurance : le ballon frappe l’intérieur du poteau opposé et rentre (Bastia : 1 - Saint-Etienne : 0).

 

Huit minutes plus tard, Milla, parti à la limite du hors-jeu, efface en deux dribbles les défenseurs et Castaneda, attend avec sang-froid que Janvion se replace et, de l’intérieur du pied inscrit le but :

(Bastia : 2 - Saint-Etienne : 0).

Un supporter bastiais s’écrie :
« Monsieur, je suis sûr que, du haut de la Tour Eiffel, on voit la Corse en feu ».

Saint-Etienne réagit et obtient un penalty transformé par Santini (72e) pour une faute de Lacuesta sur Zimako
(Bastia 2- Saint-Etienne : 1).

 

C’était, toutes proportions gardées, en force et en pureté, comme lorsque le Brésil remportait la Coupe du Monde.

Saint-Etienne recherche l’égalisation et jusqu’au dernier moment, Bastia tremble même si Henry tire sur le poteau.

Pour clore cette finale superbe, cette finale en verve, les Corses font la fête dans un Parc des Princes ébloui.

C’est tout le peuple corse, à l’évidence qui a touché, caressé la Coupe de France lorsque François Mitterand l’a remise à Paul Marchioni.


Lacuesta met les verts à terre



Milla, auteur du 2ème but fait souffrir Elie


Henry s'envole



la joie Bastiaise après le premier but de Marcialis



Hiard méfiant sauvegarde le résultat


Ivre de joie, Marcelis et Fiard au coup de sifflet final.

Cette équipe n’est pas corse, elle est la Corse !

Comment cette équipe formée de bric et de broc dans la précipitation et l’inquiétude a-t-elle réussie à devenir ce ciment collectif, cette sublime palette de couleurs ?
C’est parce qu'ici mieux qu’ailleurs, plus profondément, plus sincèrement, passe dans l’île de beauté la chaleur humaine, ce qu’on appelle aussi la vie, ou encore le temps de vivre.

Le 13 juin 1981, les footballeurs corses ont offert à la France du football un moment de loisir dont on avait oublié la saveur.


Marrchioni, reçoit le symbole de l'ardeur et du courage :
La coupe de France