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Costa

 

Entre mer et montagnes : Costa.

Le village des grosses oranges, Costa aux odeurs de mon enfance, au goût des canistrelli et du fromage de chèvre frais.

Déposé comme un bijou au flanc de la montagne, exposé au soleil, il regarde la mer !

Ici, les pierres parlent, elles ont une âme, des souvenirs.

Ici les hommes et les femmes, ont la mémoire de ceux qui ne sont plus. Ils sont fiers, remplis de silence et d’honneur, comme le paysage qui les entoure.

Derrière chaque façade, derrière chaque mur, il y a des drames tus, des bonheurs racontés.

Ici on sait que grâce au souvenir la mort n’existe pas.

Ici on se souvient de ce qu’on a entendu comme si on l’avait vécu.
Ici on se souvient de ce qu’on a vécu, comme si c’était hier
.

Sur la route, le café épicerie d’Eugène ! chez Eugène et sa fille Nénette, il règne une odeur de café fumant, de douce chaleur et de tendresse.

Plus loin, sur un banc, le beau-père de Jérôme, en compagnie de son frère, il attend le facteur.

Marie-Françoise dans les bras de Marie de Costa

Mes yeux s’attardent un instant sur la maison de Jean-Bati, belle comme une vie entière.
En passant sous la voûte qui mène à la placette, une bouffée de fraîcheur m’envahit, elle contraste avec la chaleur écrasante qui règne sur la route.
Devant la maison de Jérôme, l’odeur de la soupe de légumes frais me donne faim. Le jardin de Jérôme est un éden !

Plus bas, Fafa, et au fond de l’impasse son frère Alexandre.

In piacetta, il y a nonciu-marie, sa sœur Lola. Angèle de sa fenêtre parle avec Nini.
Tiens ! Marc Antoine et son frère Antoine François. Plus loin, Marie et Laurence sa sœur.

En direction du lavoir, je croise Don Pierre, l'ancien maire.
Mes pas foulent la terre que d'autres avant moi ont foulés et que d'autres après moi fouleront. Il fait si frais ici qu'on oublie qu'on est en été, le temps n'existe plus, on entendrait presque nos ancêtres laver le linge.

Un coq chante, il est midi ! en passant devant l'ancienne école, mon coeur se serre, c'est ici qu'on a interdit à nos pères de parler notre langue, et qu'on leur a fait croire que le bonheur était ailleurs.

Mais moi je sais ! dans ce village où les femmes sont belles, où les hommes sont forts comme leurs passions, je sais qu'ici le bonheur existe.