
La Corse
Costa
Antoine leoni
U Maggiurellu
Reines et Rois
J.M Colombani
Poésie sur Occhiatana
Dulore
Monument aux morts

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La Corse

Le voyage, on l'avait fait en quatrième classe, sur le vieux Napoléon.
Je dormais profondément sur une chaise longue, et mon père veillait !
il surveillait les bagages et regardait sa montre. Au milieu de la nuit, il me prit dans ses bras, pointa son doigt vers l'horizon et me dit :
- Mi ! Regarde ! On voit la Corse ! Tu la vois ?
- Non papa, je vois rien, c'est tout noir !
- Mais oui ! regarde bien ! tout là bas, on voit la Corse !
Je ne voyais que le noir d'une nuit sans lune ! Parce que quand on a cinq ans, et qu'on est dans les bras de son père, le monde entier nous appartient, on regarde les choses avec les yeux et non avec le coeur.
Mon père voyait les côtes de la Corse ! il les voyait, parce qu'il savait qu'elles étaient là, il les sentait, il les ressentait.
Plus tard je compris !
Chaque fois que je pose le pied sur la terre Corse, j'ai ce sentiment indescriptible de retrouver un être cher !
Peu importe d'où je reviens, du plus loin ou du plus bel endroit du monde, en Corse tous mes sens sont en éveil, et doucement je me réimprègne de ce qui est "moi", de tout ce que j'ai laissé là.
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Ca commence par l'accent familier de la langue maternelle, puis la conversation échangée avec un vieil homme assis sur un banc
"il fait beau !" "l'hiver a été froid ?..."
Une conversation d'une grande importance, simplement, parce qu'elle est faite dans la langue de chez nous.
Là bas, un enfant joue, son lacet est défait, je me surprends à crier " ho zitellu ! veni qui ! voli cascà ?", Et pendant que je renoue les lacets de ses chaussures, je me dis que je ferais jamais çà à Paris, mais ici, cet enfant, il est de chez moi.
Je me sens concernée par tout ce qui se passe, attendrie par ceci, révoltée par cela.
Et si Antoine me dit "ferme les yeux et sens moi ce fromage !" Je lui réponds en riant "non! c'est pas du bon !" Parce que moi, l'odeur du vrai fromage de Calenzana, je la connais par coeur et qu'on ne me berne pas sur ce coup là !
Et là, au fond de ce vieux bistro sans étoile, "chez Ange" Le premier café du matin, a le goût du meilleurs ; A cent millions d'années lumière des dépliants touristiques qui vendent le bleu turquoise des plages de la Corse.
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