La première période fut échevelée, disputée à cent à l’heure. Chaque équipe rendait coup à coup et ne semblait préoccupé de construire, de tenir le jeu ou de souffler.
Devant cette fougue, ce dynamisme, les défenses ne se montraient pas à l’aise évidemment ; celle des Corses en particulier. En effet, ses renvois, son marquage se révélèrent bien incertains. Hiard se trouva le premier à l’ouvrage. Il s’en sortit fort bien lorsqu’il s’agissait d’interventions sur lobs ou de tirs ; mais sur les corners tirés à ras de terre par les Zurichois, il ne savait pas comment se placer.
Pourtant, au moment où les Bastiais fournissaient le plus d’inquiétude à leurs supporters, le sort parut leur devoir être favorable. Après un échange avec Lacuesta, Papi servait admirablement Krimau qui s’infiltrait, dribblait deux adversaires et marquait à la 18e minute (0-1).
On pensait que cette réussite allait décourager les Suisses et surtout fournir de l’assurance aux Bastiais pris en quelque sorte à leur piège de l’engagement physique. Il n’en fut rien. Les Grasshoppers, rapides et décidés, repartirent de plus belle et à la 22e minute, Hermann après une montée de l’arrière Hey, battait imparablement Hiard (1-1).
Et ce n’était pas fini. Toujours aussi fanatiques, les Zurichois ne laissèrent aucun répit aux Bastiais, les serrèrent de près et à la 32e minute, Mariot, replié et ennuyé, se débarrassait de la balle au profit de Weherli. Le danger planait et Lacuesta n’avait plus la ressource de le faucher. C’était un penalty que transformait Ponté à la 32e minute (2-1).
Bastia, vexé, se rebiffait et se battait également avec enthousiasme. A la 37e, il devait bénéficier à son tour d’un penalty, Rep ayant été abattu par Becker, alors qu’après une action de Lacuesta et de Papi, il s’apprêtait à mystifier Bebig. Papi, à la 37e minute, imitait Ponte (2-2).
C’était donc une nouvelle égalisation. Le public n’en revenait pas. Ce qu’il voyait n’était peut-être pas très classique mais passionnant et, au fond, c’est tout ce qu’il demandait. Bastiais et Zurichois ne pouvaient, il est vrai, changer leur manière sur commande et les émotions continuèrent.
Sur un corner très long cette fois d’Elsener, tous les défenseurs corses furent surpris et Montandon catapulta dans les filets de Hiard à la 53e minute (3-2).
Les Bastiais accusèrent le coup et se désunirent. Weherli, heureusement, n’en profita pas. Les Zurichois, à la vérité, étonnaient. Pour des semi-professionnels, ils ne manquaient, ni de résistance, ni de talent. Le blond Hermannn, en particulier, s’imposait par une activité de tous les instants.
Sous l’influence de Papi, les Corses parvenaient, néanmoins, à se reprendre. Mais, hélas ! Rep gâchait une possibilité d’égaliser à la 68e minute en laissant passer un centre en retrait de Larios. Montandon (72e ) faillit renouveler son exploit précédent et à la 75e minute, Guesdon fut obligé de stopper irrégulièrement Sulser. Tout cela montrait que les Suisses ne renonçaient pas à l’emporter plus nettement.
Le tableau d’affichage, cependant, ne changea pas. Cazes eut, certes, à la 73e minute un troisième but au bout du pied, sur un service de Papi. Mais Bauer en eut un à la 85e minute. Sans résultat.