retour à l'accueil du site
Retour à la rubrique résistance Les sites amis de curagiu.com rechercher sur le site de curagiu.com


Sommaire de la rubrique Danielle Casanova

 

Vincentella Perini

Danielle casanova

l'arrestation de Danielle Casanova

La santè puis à Romainvile

Auschwitz

Pour ne pas t'oublier

sources

livre d'or

 

retrouvez les 230 femmes de ce convoi
Retrouvez les 230 femmes du convoi du 24 JANVIER 1943

 

Danielle Casanova est arrêtée le 15 février 1942

 

 

La Gestapo, aurait été impuissante sans l'aide, et l'initiative de la police française de l'époque.

En 1939 le parti communiste est interdit et rentre dans la clandestinité pour mener le combat contre l'occupant nazi.

Dès septembre 1939, la police municipale de Paris (PM), sous la direction du préfet Langeron, avait mis en place dans chaque arrondissement des « brigades spéciales», chargées de la chasse aux communistes. Dans les six subdivisions de banlieue, des organismes identiques avaient été implantés sous le double contrôle à la fois de la Police Municipale et de la police judiciaire (PJ).

En mars 1940, le directeur des Renseignements généraux (RG) avait, mis sur pied une « brigade spéciale » chargée de la répression anticommuniste.
Avec l’occupation, ce système est encore étoffé par la création de « brigades d’interpellation » faisant la chasse aux «terroristes» à Paris et en banlieue.
A partir d'août 1941, les RG vont disposer en outre de 5 «sections spéciales», et de 2 «brigades spéciales». Les chefs de cet énorme appareil policier sont des «spécialistes» de l'action anticommuniste.

L'une des plus sauvages de ces «brigades» des RG était dirigée par un ami de Pierre Laval. Il se nomme Baillet. Il sera bientôt secondé par Fernand David, qui dirigera la BS1, (spécialisée contre les politiques), la BS2 l'étant, en particulier, contre les Résistants de la MOI (Main-d'œuvre immigrée).

 

Les contacts entre le commissaire David et les officiers de la Gestapo deviennent dès lors quotidiens et étroits. C'est ça la «collaboration». Pétain lui-même s'en réjouira et félicitera les « brigades spéciales».
Les effectifs considérables de cette police hautement spécialisée et grassement payée, usent des méthodes les plus modernes pour l'époque. Il ressort des témoignages recueillis lors de l'instruction des procès de certains commissaires et inspecteurs après la guerre, que les filatures organisées duraient parfois des mois. Les policiers travaillaient toujours en équipe plus ou moins nombreuses, camouflés en ouvriers, en postiers, en agents du métro. Ils utilisaient des camionnettes bâchées pour leur « planque ».
Ils étaient formés à reconnaître un visage de face ou de profil, à repérer une démarche particulière. Ils s'efforçaient de suivre la ou les personnes qu'ils avaient vu rencontrer le premier suspect observé. Ils notaient l'emplacement des immeubles où ils les voyaient pénétrer. Quand les informations recueillies semblaient suffisantes pour organiser un coup de filet, des dispositions minutieuses et de grande ampleur étaient prises. Les victimes arrêtées, leurs logements restaient surveillés pendant des jours, voire des semaines.

Berthe Di Ruzza (nom de résistante "Maria") avait annoté un exemplaire du livre "Du soleil plein le coeur" de Simone Téry. L'annotation stipule que c'est au 6 de la rue de Poteau que "planquait" à ce moment-là Danielle Casanova, dans un appartement que Berthe Di Ruzza lui avait procuré.

 

Le 5 janvier 1942, une équipe composée de onze inspecteurs de la BS1 est chargée de retrouver André Pican, ancien militant communiste de la région normande, que l'on soupçonne (à juste titre) de jouer un rôle important dans l'édition clandestine du journal "l'Humanité". Des indicateurs ont signalé qu'il vit à Paris, sous une fausse identité. Son portrait, a été diffusé avec toutes les précisions possibles.

 

Danielle a été arrêtée le 15 février 1942 alors qu'elle apportait dans un cabas un peu de charbon à ses amis Politzer, rue de Grenelle.

Il reste évident qu'elle était suivie par la police depuis longtemps., et qu'elle fut victime d'un «coup de filet» préparé de longue date.

Le piége :
la BS1 est donc chargée de retrouver André Pican.
Le 21 janvier, il est repéré au « Café du Rond-Point », porte d'Orléans. Les agents de la BS ne sont pas certains de l'avoir reconnu, mais leur rapport va parler du «présumé Pican ». A 12 h 30, il est rejoint par un homme qui, dans le langage codé de la police, va s'appeler «Porte d'Orléans».
Il mesure, dit le compte rendu de la BS, 1 m 78. Il a «des cheveux châtain, une moustache de même couleur, une figure osseuse, des rides profondes sur les joues; il est vêtu d'un pardessus de lainage avec quelques motifs rouge et blanc, chapeau marron baissé devant, avec un ruban de 2 cm de largeur. Il porte des chaussures noires basses et des chaussettes grises».
Tous deux quittent le café, prennent le métro et descendent à Goncourt.

La longue traque commence.

Le présumé Pican rencontre deux femmes et un homme au café «Au général Brunet», face à la sortie du métro Botzaris. Pican part avec l'une des femmes qui sera nommée« femme café Brunet ». Ils se rendent à Saint-Lazare, puis place de Clichy.
Pican entre dans une teinturerie, 6, rue Mélingue, d'où sort un homme que l'on (identifie comme étant Raoul Jourdan).
Pican marche ensuite jusqu'au 34, de la rue Letort. Quelques instants plus tard, la fenêtre du 3e étage de cet immeuble s'allume, précise le rapport.
A noter que quelques secondes avant son arrivée, le présumé Pican avait remué dans sa poche un trousseau de clefs ce qui laissait supposer qu'il savait où il allait.

C'était le domicile de Jourdan.

" les détails ne manquaient pas".
Pican est suivi jusqu'à Tours le 22 janvier.
Puis on le retrouve rue Mélingue où la teinturerie était surveillée. Il rencontrera ensuite un homme à la Motte-Piquet, que l'on identifiera comme étant Louis Lamodière. Puis il retrouve une femme au métro Balard, la BS1 la surnomera « la femme Balard».

De filature en filature, on repère « Moustache », «Remorque» (il monte un vélo traînant une remorque à gros pneus), «Pont des Arts», « Saint-Mandé », une «femme Pyrénées» (repérée à cette station de métro).

La « femme Pyrénées » se rend à la porte de Vincennes où elle rejoint «la femme Vincennes» : « 1 m 70, 32 ans, cheveux châtain très clair, lunettes écaille, maquillée, manteau de fourrure marron genre mouton rasé, portant capuchon rond en tissu marron, entourage bleu ciel, bas en laine, tenant à la main un sac à provisions en tissu drap bleu ».

« La « femme Pyrénées » remet à la « femme Vincennes » différents paquets qu'elle a retirés de son cabas, puis elle se sont séparées. La « femme Vincennes » est prise en filature.

A 16 h, elle est accostée boulevard Soult par un individu que l'on baptise «Soult» à qui elle donne son sac. Il part, mais, comme il est très prudent et se retourne souvent : la filature est abandonnée.

Marie-Claude Vaillant-Couturier a déclaré que la « femme Vincennes », c'était bien elle. La « femme Pyrénées » était Madeleine Laffitte , (qui mourut à Auschwitz) et « Soult » - effectivement toujours très prudent - était «Victor», l'agent de liaison de Jacques Duclos.

La « femme (Vincennes) revient à la porte de Vincennes où elle rejoint la « femme Pyrénées » dont on sait déjà qu'elle est «une liaison directe» de «Balard» (repéré à cette station de métro. Il s'agit de Cadras). Elle est reprise en filature.

On va passer ainsi de « Jussieu» à «Chapelle». «Jussieu» est suivi jusqu'à Cherbourg où il se rend par le train. Apparaissent ensuite «Claude Decaen, (nom de rue) une « femme Dorian», deux « femmes Franklin », une « femme Viaduc» (Viaduc de Passy), « 1 m 65, manteau noir) chapeau mode mis sur le devant, garni de deux pompons, l'un rouge) l'autre vert ».

La« femme Viaduc et la « femme Balard ») rentrent au café «Viaduc de Passy» puis au café-tabac «Le Franklin» où elles rejoignent deux autres femmes.
A 19 h, la «femme Viaduc» en sort et se rend au 12 ou 14 rue Emile Zola (il fait déjà sombre) . A 19 h 30, les trois autres femmes sortent du «Franklin».
Seule «Balard» est suivie. Elle va rue du Poteau d'où elle sort à 20 h 05 «portant une valise de couleur jaune». Elle prend le métro à la station Jules-Joffrin, descend à LaTour Maubourg et pénètre à 20 h 40 au 170 bis, rue de Grenelle.

Les domiciles de D. Casanova et de Politzer sont ainsi repérés.

Le 11 février, Pican est logé rue du Buisson-Saint-Louis où pénètre une femme baptisée de ce nom-là. Elle est suivie à sa sortie et on la voit rencontrer une «femme Ménilmontant».
Le 13 février, Pican accoste une «femme République». Puis il va au 49, de la rue du Faubourg-du-Temple, en ressort quinze minutes plus tard et retourne au 3, de la rue du Buisson-Saint-Louis. A 16 h il en part, suivi par la «femme du Buisson-Saint-Louis». Ils vont à la République et se séparent.
Le 14 février, on les revoit rue du Buisson-Saint-Louis, portant trois valises. Ils vont à la gare Montparnasse et prennent un seul billet pour Le Mans.

Il est temps d'agir.

Le 15 février 1942, c'est le coup de filet. Les inspecteurs Y., R., G. et D. mettent «à la disposition» de leur chef, le commissaire David le rapport suivant :

- Politzer Georges, alias Destugues, né le 3 mai 1903 à Nowgorog (Hongrie), naturalisé français par décret du 31 décembre 1924, professeur, 170 bis, rue de Grenelle;
- Mme Politzer, née Larcade, Marie dite Maï, alias Destugues, née le 15 août 1906 à Biarritz, sage-femme diplômée;
- Casanova, née Perini, Vincentella, dite Danielle Casanova,
alias Garnier, née le 9 janvier 1909 à Ajaccio, chirurgien-dentiste, appréhendée dans les circonstances suivantes:
«Au cours des filatures dont a fait l'objet le militant Cadras, alias Dauvergne, nous avons acquis la certitude que des documents étaient transmis par lui à Politzer et à sa femme par l'intermédiaire de la femme Casanova.
Une surveillance, exercée 170 bis. rue de Grenelle, nous a permis de l'appréhender dans l'escalier de l'immeuble alors qu'elle se rendait chez Politzer. Ce dernier et sa femme, appréhendés à leur domicile, ont également été conduits au service

 

 

 
 
*
*
*
*
*
*
*