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La Corse de 1945 à 2001

sous la IVème et Vème république

 

 

En 1951, la loi Deixonne permet l'enseignement des langues régionales mais la langue Corse n'est pas reconnue comme étant une langue régionale et ne peut donc être enseignée.

Après la guerre, la France perd ses colonies , les unes après les autres.

En 1957 L'état français crée pour la Corse, et donc pour les Corses (trés certainement), la SOMIVAC et la SETCO.

La SOMIVAC est une société d'économie mixte pour la mise en valeur de la Corse. Elle transforme la côte en défrichant trois mille hectares de maquis et viabilise la plaine orientale par des travaux d'irrigation. Ces terres sont découpées en lots et cédées aux agriculteurs rapatriés d'Afrique du nord. Les Corses ne sont pas contents.

La SETCO a été créee pour le développement touristique. Le tourisme ne profite pas aux Corses, mais aux promoteurs immobiliers.

En 1960, à Paris, est créee la revue Union Corse et, en 1961, l'Union des étudiants corses. En 1962, l'Union nationale des étudiants corses (UNEC) est fondée à Vivariu.

1964 les frères Edmond et Max Siméoni créent le CEDIC (comité d'étude et de défense des intérêts de la Corse), ils font paraître, en 1966, Arriti (debout), premier hebdomadaire nationaliste, puis, crée, en 1967, l'ARC (action régionaliste corse).

Entre 1962 et 1968, quinze à vingt mille rapatriés d'Afrique du Nord s'installent dans l'île et pratiquent la viticulture et l'arboriculture de production. Ils bénéficient d'importantes aides financières et voient, rapidement, leurs affaires prospérer.

La SOMIVAC est à juste titre, la cible de critiques multiples. D'abord, elle a trop privilégié les Pieds-Noirs au dépend des jeunes corses. Tandis qu'elle apporte son aide à 250 grandes exploitations côtières, dont beaucoup appartiennent à des non corses, près de 500 petites propriétés sont abandonnées par des Corses de l'intérieur. La SOMIVAC a toléré la monoculture de la vigne où s'engagent des spéculateurs sans scrupules qui discréditent, par leurs pratiques frauduleuses, le vin corse de qualité, dont la conséquence sera l'occupation, en 1975, d'une cave viticole à Aléria.

Parallèlement, le nationalisme corse fait son apparition et commence à se manifester bruyamment.
Là, on sent bien que les corses n'ont plus envie de se laisser faire.

En 1973, les mouvements se corsifient, le FRC devient le Partitu di u populu corsu et l'ARC, l'Azzione per a minascita corsa.


A cette époque, on ne demandait plus l'ouverture de l'université de Corte, mais on l'exigeait, les corses aussi ont droit à l'instruction !.

En 1973
le parti FPCL (Frontu paesanu Corsu Di Libérazione) est crée dans le sud de la Corse.
le 22 mars 1974
le parti GP (ghustizia Paolina) est crée.
De 1967 à 1975
, les menées activistes (plasticages, campagne d'abstention, manifestations contre les boues rouges, inscriptions sur les panneaux de signalisation routières et sur les murs : I Pedi-Negri fora et I Francesi fora) sont le fait, principalement, de l'ARC.

L'île est dans un état d'isolement et de retards techniques considérables :

- Peu de routes,
- des communications difficiles et coûteuses avec le continent,
- des installations sanitaires médiocres,
- une carte scolaire déplorable
- pas d'université....

 

Le 21 août 1975, une cinquantaine de militants de l'ARC investissent la cave vinicole d'un pied-noir à Aléria.
Ils veulent juste dénoncer, ceux, qu'ils qualifient de colons escrocs, et les spéculateurs pratiquant la chaptalisation et obtenir la saisie de leur vigne et de leurs caves, pour les redistribuer aux jeunes ruraux corses les plus déshérités.


Le docteur E Siméoni soigne un membre du commando

La cave vinicole d'Aléria, occupée en août 1975, par Edmond Simeoni et les militants de l'A.R.C

Le 22 août 1975, mille deux cents gendarmes et C.R.S venues du continent, sur ordre du ministre de l'intérieur, (mesure disproportionnée ! ...), cernent les bâtiments.
Pendant l'assaut, deux gendarmes sont tués et un militant est gravement blessé. Edmond Siméoni se constitue prisonnier et il est déféré devant la cour de sûreté de l'état.

Il sera condamné le 22 juin 1976 à cinq ans de prison dont deux avec sursis.
D'importantes émeutes nocturnes ont lieu à Bastia entre le 23 et le 26 août 1975 appelées les Nuits Bleues, Monsieur Poniatowski, ministre de l'intérieur, envoie les blindés sur Bastia. 

Le 27 août 1975, l'ARC est dissoute et renaîtra, le 4 mai 1976, sous le sigle APC (association des patriotes corses) puis se transforme en juillet 1977 en Union di u populu corsu (UPC).


ALERIA, LE 22 AOUT 1975. Les gendarmes (Gardes Mobiles =GM) à l'assaut de la Cave Coopérative où se sont retranchés avec leur leader E. Simeoni les membres d'un commando de l'A.R.C. (Action pour la renaissance de la Corse).

Le 5 mai 1976, de jeunes nationalistes du Cap Corse créent le FLNC (Front de libération nationale de la Corse), il est la fusion du FPCL et du GP.. Pendant que l'UPC se cantonne dans la voie de revendications nationalistes par des actions non violentes, les actions du FLNC vont être spectaculaires et symboliques : destruction d'un avion d'Air France (1976) ; dynamitage du relais de télévision bastiais (1977) ; etc.) et va entraîner sa dissolution par le gouvernement français en août 1982.

La loi du 5 juillet 1972 sépare la Corse de la région Provence Côtes d'Azur et l'érige en région et celle du 15 mai 1975 la divise en deux départements : la Corse-du-Sud (Ajaccio) et la Haute-Corse (Bastia).

En 1972, le Parc naturel régional est créé sur 150 000 ha.

Grâce à la prolifération de cours sauvages de langue corse, et à la fondation en 1972 de la fédération culturelle Scola Corsa et à l'énergique campagne qu'elle mène, les pouvoirs publics accordent à la langue corse le statut de langue régionale le 16 janvier 1974 par décret. L'application de la loi Deixonne de 1951, relative à l'enseignement des langues régionales, permet enfin l'enseignement de la langue corse et lui permet aussi d'être une option facultative au baccalauréat.

 

En 1980 L'université de Corte est enfin réouverte, elle dispense des enseignements de lettres et langues, dont un DEUG de Corse, de sciences et techniques et de droit et sciences économiques.

Les lois du 2 mars et 30 juillet 1982 institue un statut particulier de la région Corse et la première assemblée de Corse est élue au suffrage universel direct le 8 août 1982.
Ce sont les élections successives à l'assemblée de Corse, depuis 1982, qui introduisent légalement les autonomistes et indépendantistes dans la vie politique. Sur 61 conseillers, les nationalistes obtiennent 8 élus en 1982, 6 élus en 1984, 3 élus en 1987 et 13 élus en 1992. Deux fractions apparaissent : les modérés avec l'UPC, le MPA (mouvement pour l'autodétermination) créé en 1983 et le FLNC "canal habituel" et les plus radicaux, le FLNC "canal historique", A Cuncolta Naziunalista et Resistenza qui revendiquent de nombreux attentats.

De profondes divisions entraînent une guerre fratricide entre chefs nationalistes jusqu'à aujourd'hui. Le préfet Erignac

 

Le 6 février 1998, le préfet Erignac est assassiné.

En en 1999, le préfet Bonnet est discrédité par l'affaire de l'incendie de la paillote "chez Francis".


En août 2000, le premier ministre Lionel Jospin propose un nouveau statut pour la Corse connu sous le nom de processus de Matignon qui est voté par l'assemblée national le 4 décembre 2001.